Julie Pommier, diplômée du Master IEC en 2022, est multicasquette ! Fondatrice d’Édifice Éditions, une maison d’édition participative spécialisée en bande dessinée et roman graphique, elle est en parallèle chargée de communication pour une Entreprise Sociale pour l’Habitant. Un parfait exemple du mélange entre communication et édition au quotidien !

- Pourquoi as-tu souhaité intégrer le Master IEC ?
Je voulais absolument continuer dans le secteur de l’édition, j’en suis tombée amoureuse pendant ma licence de lettres parcours Métiers du livre à Rennes. Le Master IEC me permettait de m’ancrer dans une formation professionnalisante tout en continuant à explorer ce milieu, avec une double compétence très utile : édition et communication.
- Quels sont les cours où les projets qui t’ont le plus marquée ?
Un des cours qui m’a vraiment marquée, c’est celui sur les formes d’édition. On y voyait que le livre continue d’évoluer et que l’édition n’est pas figée : c’est stimulant quand on a un projet un peu à part comme le mien.
Et bien sûr le projet tutoré : on le suit pendant des mois, c’est formateur. J’avais travaillé sur la chaîne YouTube du master, ça m’a bien servi ensuite dans ma stratégie de communication.
- Peux-tu nous parler de ton expérience en alternance et de ce qu’elle t’a apporté ?
J’ai eu la chance de faire deux alternances : une première en tant qu’assistante d’édition dans une maison d’édition, où j’ai appris les bases du travail éditorial. La deuxième, en tant que chargée de com’ dans une structure hors secteur livre, m’a apporté une vision plus globale de la stratégie de com’. Et aujourd’hui, clairement, je m’appuie sur les deux pour gérer Édifice !
- Peux-tu nous présenter ton entreprise ? Quel a été ton tout premier projet ?
Édifice est une maison d’édition BD et roman graphique qui fonctionne de façon participative : les lecteurs et lectrices découvrent les projets en avant-première via des campagnes de financement et, s’ils accrochent, ils les précommandent ! Le tout premier projet, c’était Seules les algues savent, un roman graphique poétique et onirique. Le livre a été financé à 115 %, j’en garde un souvenir très fort.
- Pourquoi as-tu souhaité créer ta propre entreprise, et ce dès ton diplôme en main ? Est-ce que c’était déjà ton projet avant d’intégrer le master ?
C’était un projet que j’avais en tête avant d’intégrer le master, mais il était encore très flou. Le master m’a aidée à structurer mes idées, à tester des choses, à mieux comprendre l’écosystème. Je savais que j’avais envie de faire émerger un modèle d’édition différent, plus proche des lecteurs et lectrices et plus juste pour les auteurs et autrices. Au début, je pensais que j’allais devoir attendre d’avoir des années et des années d’expérience avant de me lancer et, finalement, j’ai décidé de sauter le pas dès la fin du master !
- Quels sont les avantages et les inconvénients lorsque l’on travaille à son compte ? As-tu rencontré des difficultés particulières ?
L’avantage, c’est qu’on décide de tout, on peut créer quelque chose à son image. C’est très stimulant. Mais c’est aussi exigeant : je suis seule à porter les doutes, les galères, les choix difficiles. La plus grosse difficulté pour moi, c’est la gestion financière et le manque de temps, surtout en cumulant avec une autre activité salariée.
- Qu’est-ce qui te plaît particulièrement dans la bande-dessinée et le roman graphique ?
J’aime ce langage entre texte et image, cette façon de raconter autrement. La BD permet de traiter de sujets forts, intimes ou politiques, de manière très accessible. Et graphiquement, c’est infini : chaque auteur et autrice a un univers visuel à part, ça me passionne !
- Peux-tu nous expliquer ce qu’est le financement participatif ?
C’est le fait de pré-vendre un livre avant son impression. On présente un projet aux lecteurs et lectrices, ils le soutiennent en le précommandant. Si le nombre d’exemplaires visé est atteint, on imprime le livre. C’est un super moyen de tester un projet, de financer sans risque, et d’impliquer son public. Mais c’est surtout un modèle économique qui permet de lutter contre la surproduction et d’agir en faveur d’une meilleure rémunération des auteurs et autrices !
- Comment réussis-tu au quotidien à allier ton travail de chargée de communication et la gestion de ton entreprise ?
C’est un vrai jeu d’équilibriste ! J’ai un emploi à temps plein, donc je travaille sur Édifice le soir, le week-end, et pendant mes congés. Mais comme c’est un projet passion, ça ne me pèse pas (pas trop !). Je planifie beaucoup, je suis aidée ponctuellement, et j’essaie de prioriser au maximum.
- Et enfin, que conseillerais-tu à un étudiant qui souhaite ouvrir son entreprise à la fin de ses études ?
De bien s’entourer et de ne pas hésiter à tester ses idées dès le départ. Il ne faut pas attendre que ce soit parfait pour se lancer. Et surtout : se rappeler pourquoi on fait ça. L’entrepreneuriat, c’est intense, mais quand c’est aligné avec ses valeurs, ça vaut vraiment le coup !


