De Magnard à Récréalire, puis Mango, Orane Mousset a découvert différents univers de l’édition. Entre parascolaire, jeunesse et pratique, elle a construit un parcours riche en expériences. Aujourd’hui cheffe de produits chez Mango, elle coordonne marketing, communication, événements et suivi des ventes, et nous raconte le quotidien d’un métier qui touche à tout !

1. Peux tu nous parler de ton parcours, tes différentes expériences professionnelles après le master IEC et de ton poste actuel ?

J’ai d’abord fait une Licence de Lettres modernes, avec un parcours édition, journalisme et communication. Je suis ensuite entrée au Master IEC en 2016, dans lequel je suis restée jusqu’en 2018. J’étais en alternance pendant deux ans aux éditions Magnard, au sein du service marketing, pour le pôle grand public. Le grand public représente la partie jeunesse, allant de l’éveil jusqu’au roman adolescent. Il y a aussi la partie parascolaire, aussi bien les cahiers de vacances qu’on a connus petits, les préparations au baccalauréat, au brevet, les cahiers de soutien, c’était donc assez varié. J’ai ensuite été en poste pendant deux ans et demi aux éditions Récréalire, en tant que cheffe de produits. Récréalire était une petite maison d’édition, j’ai travaillé essentiellement sur du scolaire, parascolaire et un petit peu de jeunesse. Je suis, depuis trois ans et demi, en poste aux éditions Mango en tant que cheffe de produits également. C’est une maison d’édition de taille plus importante, au sein du groupe Média Participations, et nous nous situons sur le secteur pratique : cuisine, loisirs créatifs, beaux-arts, santé et bien-être, parenting, un petit peu de jeux et de jeunesse aussi, c’est assez diversifié.

2. Est-ce que tu peux nous expliquer tes missions au sein des éditions Mango ?

Mes missions sont assez variées. J’ai plusieurs parties : une partie importante surtout commerciale, marketing opérationnel, où je vais collaborer avec la diffusion principalement, pour défendre au mieux les livres en librairie. Ça va passer par tout ce qui est présentations commerciales, donner les bons arguments aux commerciaux qui vont défendre nos livres en librairie. Toute une partie opérationnelle qui comprend la fabrication de matériel, des PLV, des plaquettes, des catalogues, tout ce qui va aider au mieux le livre à vivre sa vie en librairie finalement. Une partie aussi un peu études et chiffres, parce que je vais m’occuper de suivre toutes les ventes des livres des éditions Mango chaque semaine. Je vais pouvoir faire des études pour les éditrices afin de les aider un petit peu à avoir différents points de vue sur des livres. Par exemple quand elles s’interrogent sur un sujet et qu’elles me disent « ben voilà, je voudrais sortir un livre sur les chaussettes au tricot, est-ce que tu penses qu’il va marcher, est-ce que c’est intéressant ou pas ? ». J’ai aussi une partie communication marketing, avec toutes les actions qu’on va mettre en place sur le site internet et la rédaction d’une newsletter. Aussi, une partie plutôt événementielle, avec la gestion d’un gros salon qui est « Créations & Savoir-faire » en novembre, un salon DIY où on vend beaucoup nos livres d’art du fil. La partie aussi dédicaces en librairie, la relation entre les auteurs et les libraires, et une dernière partie qui est la gestion du budget marketing, pour s’assurer que tout soit correct.

3. Pourquoi t’es-tu tournée vers l’édition? Qu’est-ce qui te plaît ?

Je pense que comme beaucoup de personnes, le côté édition qui plaît, c’est parce qu’on aime beaucoup lire. Et comme beaucoup, je me suis tournée vers l’édition de ce fait-là. J’hésitais beaucoup quand je suis rentrée en licence, entre le journalisme, l’édition et l’enseignement.

C’est vrai que la Licence de Lettres était vraiment là pour ça. Et finalement, je pense que ma passion et mon amour pour le livre ont été un peu plus forts. Ce sont les principales raisons.

4. As-tu toujours su que tu voulais te diriger vers le marketing en entrant au Master IEC, ou avais-tu un autre projet professionnel en tête ?

C’est vrai qu’à l’origine, en postulant au Master IEC, j’étais plus partie sur le métier d’éditrice. Le marketing, c’était une partie que je ne connaissais pas vraiment. Mais la réalité, c’est qu’en entrant au master, je n’avais pas beaucoup d’expérience. Finalement, je ne trouvais pas non plus beaucoup d’offres d’alternance à ce moment-là. J’avais envoyé pas mal de candidatures spontanées, et je suis arrivée un petit peu là par hasard. Les éditions Magnard m’ont recontactée. Et finalement, l’entrée en marketing s’est faite comme ça, et ça m’a beaucoup plu.

5. Quelles qualités essentielles faut-il selon toi pour devenir chef de produits ?

Je pense qu’il faut beaucoup de polyvalence. Parce que c’est un poste très riche. Donc finalement, il faut vraiment aimer toucher à tout, parce que c’est vraiment un métier où on va gérer beaucoup de choses à la fois.
Ne pas se cantonner à un secteur vraiment spécialisé.

Aussi, Il faut être vraiment organisé, parce qu’on gère beaucoup de petites tâches en même temps sur beaucoup de livres. Une partie également très importante, je dirais l’anticipation. Parce que finalement, on doit aussi, comme les éditeurs ou éditrices, tenir des délais, que ce soit pour les opérations ou pour la prospection des commerciaux en librairie. Et bien sûr, aimer le contact humain. Parce qu’on est vraiment au centre de plein de services. L’édito, la diffusion, le numérique, la fabrication.

6. Quel est l’aspect du métier que tu n’imaginais pas du tout avant d’y entrer ?

Ce que je n’imaginais pas trop, au-delà du marketing, c’est toute la partie commercialisation du livre.
C’est vrai qu’en fait, je n’avais pas forcément en tête le nombre d’intervenants qui étaient vraiment sur toute cette partie. À la fois les personnes en maison d’édition, bien sûr le diffuseur, le distributeur, les libraires, les magasins spécialisés. Il y a vraiment beaucoup d’acteurs et c’est vrai que je n’avais pas forcément connaissance de tout ce circuit derrière le livre.

7. Puisque le métier de chef de produit est assez varié, quelle est ta mission préférée au sein de ton poste ?

J’ai du mal à répondre à cette question parce que c’est vrai que ce poste implique des missions très diverses. Cela dit, la partie vraiment centrale de mon poste est d’être garante que les livres soient bien en librairie, donc c’est vraiment ma mission principale. Ça va passer par différentes choses, par exemple les présentations commerciales auprès des représentants pour défendre au mieux nos livres, toutes les actions qu’on va avoir sur les différents sites, que ce soit Mango ou les sites des revendeurs pour vraiment faire en sorte que les livres soient bien mis en valeur. Ça passe aussi par tout l’opérationnel, également toute la partie de la visibilité des auteurs, que ce soit par exemple sur le fameux salon « Créations & Savoir-faire » auquel on participe. Je pense aussi à un autre salon, le Festival du Livre Gourmand de Périgueux où on envoie des auteurs pour des démonstrations culinaires. Toutes ces missions participent à cette grosse mission d’être garante de la visibilité des livres et je trouve que c’est vraiment intéressant à défendre.

8. Peux-tu nous parler d’un de tes accomplissements professionnels qui t’a le plus marquée ?

Quand j’ai débuté après le master, j’ai travaillé dans une maison d’édition qui s’appelle Récréalire, j’étais dans une toute petite équipe et je suis arrivée au moment où il y avait une réflexion sur le lancement d’une gamme parascolaire pour les parents. C’était vraiment intéressant pour un premier poste parce qu’au sein d’une toute petite équipe j’ai fait beaucoup de choses et toute cette réflexion était en parallèle d’un autre gros projet ; la méthode de lecture sur laquelle on travaillait était assez originale, pas toujours comprise des parents et des enseignants sur certains points. Le vrai défi était donc de la rendre vraiment compréhensible pour justement aussi relancer cette gamme, et j’ai pu être force de propositions, lancer un compte Instagram par exemple avec des fameux « mardis pédagogie » pour expliquer les outils, ça passait également par tout le descriptif des articles en ligne, organiser des

webinaires et des Facebook live avec une collègue pour justement bien expliquer la méthode aux parents et enseignants, ce qu’on a beaucoup développé avec le Covid. Donc voilà, c’est vrai que finalement ça a été un gros travail très enrichissant à ce moment-là.

9. Quels souvenirs gardes-tu du master IEC?

De bons souvenirs, c’est vrai que c’était mon choix numéro un de master parce que même si j’avais plutôt dans l’idée d’être éditrice, la partie communication me plaisait beaucoup aussi. J’avais vraiment envie d’avoir ces deux casquettes et je me suis dit qu’avoir des connaissances dans ces deux domaines permettait aussi de mieux comprendre toute la chaîne du livre finalement. On avait des cours plutôt variés, je trouvais que c’était assez bien réparti sur les deux domaines, de chouettes rencontres, des profs aussi bien du milieu académique que du milieu professionnel, c’était vraiment très représentatif.

10. Et quel était ton cours préféré ?

Je dirais que j’aimais bien particulièrement les cours de communication : tout ce qui était plutôt stratégie de communication, informations sur le web, ce genre de cours. Et aussi ce côté édito qui amenait vraiment à réfléchir sur les critères de choix éditoriaux, justement quand on avait des projets à mettre en place, je trouvais que c’étaient les plus marquants en tout cas.

11. À quel projet tutoré as-tu participé et est-ce que tu penses que ça t’a apporté une compétence particulière ?

J’ai travaillé sur le livret de promotion de notre master, j’étais plutôt sur la partie correction et relecture.
Finalement c’était une partie que je n’avais pas forcément en marketing, donc c’était intéressant aussi de pouvoir avoir cette casquette un peu plus éditoriale. Même si, en marketing, on travaille sur des supports, ça m’a fait travailler d’autant plus la rigueur : il fallait faire attention à tout harmoniser, à ne pas laisser de coquilles. Et c’était aussi un chouette projet en équipe, c’était vraiment intéressant.

12. Y a-t-il un cours, un projet, ou une expérience marquante pendant le master qui t’a particulièrement aidé pour la suite ?

Je n’ai pas forcément une chose en tête, mais je dirais que le fait qu’on ait beaucoup de cours avec des cas pratiques ou des mises en situation, c’était vraiment

intéressant. On avait vraiment des cours assez diversifiés pour être des vrais professionnels à la fin. Je pense par exemple au cours de PAO où on apprenait à faire une charte graphique, aux cours plutôt axés communication où on apprenait à faire des stratégies de communication, des plans de lancement en marketing, par exemple créer une maison d’édition, et c’est vrai que toute cette diversité, je la trouvais vraiment intéressante pour transposer ensuite en entreprise pendant l’alternance et plus tard aussi, bien sûr.

13. As-tu des conseils à donner aux étudiants qui souhaiteraient se lancer dans l’édition ?

Ne rien lâcher ! Comme beaucoup, je pense que quand on est en master et quand on en sort aussi, on se dit que c’est quand même un milieu un peu bouché, c’est vrai qu’il n’y a pas forcément d’offres très fréquentes, mais c’est un secteur qui est assez plaisant, on peut travailler sur une multitude d’aspects différents. Donc c’est vrai qu’il ne faut pas se décourager, je pense qu’il faut vraiment faire valoir ses expériences en stage, en alternance, et aussi tout ce qui se passe au niveau du master, c’est vraiment intéressant de mettre tout ça en valeur pour obtenir ses premiers postes. Et je pense aussi qu’il ne faut pas hésiter à changer de voie, entre guillemets, par rapport au secteur dans l’édition. On a peut-être une idée un petit peu arrêtée quant au secteur dans lequel on aimerait travailler, et finalement les postes sont assez différents. J’imagine qu’on ne travaille pas du tout de la même manière sur de la BD que sur de la littérature, ou du manga, donc il ne faut pas hésiter à découvrir de nouvelles choses.

14. Quelle est l’anecdote la plus drôle ou mémorable de tes années de master ?

Je garde en mémoire un cours qui était un peu particulier, qui était un cours de négociation en deuxième année de master, qui était assez marquant. L’intervenante nous donnait un cas pratique, on avait un rôle, une situation bien précise qu’on devait préparer pour le cours d’après. Ensuite, on devait analyser cette situation. Des souvenirs que j’ai, ça pouvait être, par exemple, un cas de discorde entre collègues dans une entreprise, un souci politique dans un autre pays… Il fallait essayer d’analyser la situation avec notre rôle, d’avoir de bons arguments à faire valoir auprès d’autres camarades qui, eux, allaient avoir d’autres rôles lors du prochain cours. Et c’est vrai que ça nous sortait un petit peu d’un cadre scolaire ou même un peu professionnel de manière générale. C’était vraiment intéressant, même si parfois, c’était assez drôle parce que ça nous confrontait vraiment à un exercice auquel on n’était pas du tout habitués.

15. Est-ce que tu es plutôt team mémoire de ton année ou team projet tutoré ?

On va dire qu’en mémoire de toutes les heures passées à la BNF ou dans d’autres bibliothèques, je dirais plutôt mémoire de fin d’études. C’était très enrichissant, que ce soit pour nous et aussi pour les autres, de découvrir tous nos sujets, toutes nos réflexions pour aboutir à des super mémoires à la fin. C’était très nourrissant, même si, on ne va pas se mentir, une fois que c’est fini, on est plutôt content !