Le crowdfunding est-il le nouveau meilleur ami du livre ?

Le crowdfunding est-il le nouveau meilleur ami du livre ?

Système de financement participatif inventé par les américains et arrivé en France il y a 5 ans, le phénomène du crowdfunding, après avoir touché le disque puis le film, s’intéresse depuis peu au livre. (Ceux qui pensent que le crowdfunding est un nouveau sport à la mode pourront se rendre ici). Après l’invention du web, l’éclosion des blogs et le développement du ebook, le crowdfunding va-t-il être le prochain grand bouleversement de l’industrie du livre ?  Vous avez peut-être entendu parler de Kickstarter, principale plateforme de crowdfunding qui nous vient des Etats-Unis et finance tout type de projet artistique. Il existe depuis peu des sites spécialisés dans le financement des livres, à l’image d’Unbound, qui assurent également le rôle d’éditeur, et de PUBSLUSH, qui a enfilé la casquette humanitaire en promettant d’offrir un livre à un enfant pauvre pour chaque livre vendu. Comme quoi, du communautarisme à l’humanitaire, il n’y a qu’un pas, et nous sommes entre honnêtes et braves gens. Ce système de financement, attractif aux yeux du grand public, intéressant voire salvateur auprès des artistes, a le vent en poupe, et le phénomène ne fait que commencer. Après la musique et le cinéma, le livre, petit dernier, découvre ce système parallèle qui désacralise les maisons d’édition. Certes, c’était déjà le cas avec l’autoédition, le côté engagé, participatif, humanitaire, cool en moins. Faut-il s’en réjouir ? Ceux que la saturation du marché ne fait pas sourciller hochent déjà la tête, et l’on est tenté de se réjouir avec eux. Pourtant, on doit se demander s’il est bien raisonnable de faire confiance à Monsieur Tout-le-monde. S’il est bien raisonnable de lui...
Une nouvelle façon de lire Hugo

Une nouvelle façon de lire Hugo

Depuis quelques temps, de nombreuses adaptations des œuvres de Victor Hugo ont vu le jour, que ce soit en livres illustrés ou encore en film. L’auteur n’est pourtant plus à présenter. Pourquoi de telles adaptations et quel est leur intérêt ?  De nos jours, plus besoin de présenter Victor Hugo, ce grand auteur inscrit dans le patrimoine littéraire et politique français. Tout le monde connaît, au moins de nom, le Gavroche des Misérables ou l’Esmeralda de Notre-Dame de Paris. On peut donc se demander pourquoi ces derniers temps, l’auteur suscite un regain d’intérêt en librairie et au cinéma. Les Misérables, de Paris à Brodway Les Misérables a ébloui les spectateurs de Broadway avant d’illuminer ceux du grand écran dans le monde. Le 13 février, est sortie au cinéma l’adaptation cinématographique de cet opus théâtral. Réalisé par Tom Hooper, un cinéaste britannique reconnu dans la profession, le film revisite l’œuvre magistrale d’Hugo avec de grands acteurs américains. Cependant, avant même sa sortie en salles, la critique était sévère. Les Cahiers du Cinéma jugeait que « Les lamentations de Hugh  » Valjean  » Jackman, supplicié et rampant dans la gadoue, rythment ces inoubliables tableaux vivants. Comme le disait le Valjean des Inconnus (Les Miséroïdes) :  » Allons-y, Cosette, ce n’était qu’un vilain cauchemar.  » ». On trouvait malgré tout des avis plus nuancés comme dans le magazine L’Express : « Malgré certaines dissonances […] et la durée du film […], ces Misérables se regardent comme une expérience étonnante. Les amateurs apprécieront. Les autres seront prévenus. » Comme toute adaptation cinématographique, des libertés sont prises par rapport au texte original. Il ne faut donc pas s’attendre à voir sur écran, ce...
Le livre : jetable ou durable ?

Le livre : jetable ou durable ?

Tant qu’il y aura des livres Laurence Santantonios   Encore un livre sur le livre, dira-t-on. Et pour nous rappeler combien il est en crise, combien nous produisons trop et mal. Sa couverture peu originale et ses gros caractères façon « grand public », laissent présager un contenu répétitif et peu novateur. Oui, mais. Laurence Santantonios aborde le livre sous un angle différent : celui de sa durée. Et la perspective est particulièrement intéressante quand on sait que près de 70000 titres sont publiés chaque année : comment chaque ouvrage peut-il trouver son public et exister dans la durée ? L’indifférence fait place à la curiosité dès la lecture de l’introduction. Certes, on ne peut contourner les problématiques liées à la concentration et à l’indépendance éditoriale. On ne peut passer sous silence la surproduction et la rotation de plus en plus rapide en librairie qui entraînent des clivages parmi les gens du métier. On peut tout aussi bien s’alarmer sur les mutations numériques qui mettront le papier et les libraires à terre. Mais chez Laurence Santantonios, ces enjeux sont remis dans la perspective de la durée du livre. Qu’est-ce qui distingue le livre pérenne, qui rencontre des générations de lecteurs, du livre jetable et vite pilonné ? Quels sont les circuits qui permettent au livre d’échapper à l’éphémère, quand la surproduction efface les singularités de chacun ? Sous une couverture ringarde se cache un texte qui apporte, à sa manière, une vision pertinente du livre et de son économie. Si tout n’est pas nouveau, Laurence Santantonios convainc par son écriture décontractée et impertinente, mais précise grâce à l’appui de...
Le vampire : le mythe indémodable de la littérature

Le vampire : le mythe indémodable de la littérature

De Dracula à Twilight le vampire a toujours eu une place particulière au sein de la littérature. Il est aujourd’hui une des figures les plus représentées dans les écrits de l’imaginaire, et exerce une incontestable fascination sur le grand public. Figure de l’altérité depuis toujours, il évolue au fil des siècles à travers les livres. Retour mordant sur créatures les plus fascinantes de la littérature ! Le terme  « vampire » tient son origine du mot slave « upir » et aurait une signification proche de celle de « sorcière ». Mais c’est en 1725, dans un rapport judicaire rédigé à Belgrade concernant un paysan Serbe accusé de vampirisme, que le mot allemand « upier » se vulgarise. En 1732 il prend la forme « vampir » emprunté au serbo-croate puis arrive à sa forme « vampire » quelques années plus tard dans les écrits de Dom Calmet. Si ces créatures de légendes ont vu le jour en Europe centrale et orientale, elles arboraient dans un premier temps l’image de cadavres animés par un démon ou des esprits maléfiques, dotés d’une faim insatiable. Le vampire de l’époque suce le sang des hommes en leur causant ainsi la suffocation ou une forme de désordre mental engendrant des hallucinations. Tous les auteurs du 18e siècle s’accordent pour le voir sortir de la tombe mais il n’est pas forcément une créature de la nuit : Don Calmet le pense actif de midi à minuit.  Oublié le teint blafard, à l’époque le vampire arbore une peau rouge vif, le sang coule de ses oreilles et de son nez, ses ongles et ses cheveux sont longs car ils ont poussé dans le cercueil, il a des poils au...
Le monde de l’édition sous toutes les coutures à La London Book Fair 2013

Le monde de l’édition sous toutes les coutures à La London Book Fair 2013

Evénement majeur du monde des livres, la London Book Fair est le rendez-vous incontournable des amateurs et professionnels du secteur de l’édition. Véritable foyer cosmopolite, elle accueille chaque année pas moins de 25 000 professionnels venus du monde entier, tout comme les visiteurs qui furent prêt de 15 000 l’an passé. Après la Chine en 2012, pour son édition 2013 qui se déroulera du 15 au 17 avril, le plus British des salons du Livre reçoit en invité d’honneur la Turquie. En ce mois d’avril 2013, Earls Court sera donc « the place to be », mais plus pour longtemps. Selon Livres Hebdo « La Foire du livre de Londres va déménager en 2015 », sa prochaine terre d’accueil reste encore à définir mais suscite déjà de nombreux questionnements. A la différence du Salon du livre de Paris, la London Book Fair est spécialement dédiée au B to B, comprenez là « business-to-business », avec notamment la négociation et l’achat de droits entre professionnels du secteur. Quant à ceux qui n’en seraient pas encore au point de négocier les droits de leur future progéniture, pas de panique,  chers étudiants, vous pouvez vous aussi obtenir le précieux sésame pour pénétrer dans cet antre livresque qui représente à elle seule tout le spectre de l’industrie du livre. Quelque soit son domaine de prédilection tous les secteurs de l’édition seront présents : numérique, livres pour enfants, traduction, et marchés émergents, sans compter le nombre foisonnant de conférences, séminaires et ateliers. Auteurs en mal d’éditeurs ? La LBF pense à vous Divisé en différents pôles, le salon propose The LBF author lounge qui donne de précieux conseils sur l’auto-édition, de la création à la...